Apollo 12

 

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Après le succès d'Apollo 11, la NASA ne s'est pas arrêtée de suite dans sa conquête de la Lune. Apollo 12 avait les mêmes objectifs que la mission précédente mais ils étaient plus poussés. Par exemple, la précision de l'alunissage était le centre des intérêts. La NASA voulait prouver que le point de débarquement était précisément calculé à l'avance. Pour montrer que c'était possible, les ingénieurs prévoyaient un alunissage à quelques mètres seulement de la sonde Surveyor 3, envoyée en 1967. L'équipage de cette mission était composé de Charles Conrad, le commandant, de Alan Bean, le pilote du LEM et de Richard Gordon, pilote du CSM. Conrad avait déjà participé à Gemini 5 et 11 ; la deuxième mission en compagnie de Gordon. Bean, quant à lui, volait pour la première fois. Pour Apollo 12 le CSM fut baptisé " Yankee Clipper " et le LEM " Intrepid ".

L'équipage d'Apollo 12. De gauche à droite : C.Conrad, R.Gordon et A.Bean.

 

La fusée décolla du complexe 39A de Cap Kennedy le 14 novembre 1969 à 11h22. Ce jour là la météo n'était pas franchement favorable. Tel et si bien qu'un éclair frappa par deux fois Saturn 5 juste quelques secondes après le décollage. L'alarme principale du module de commande se déclencha et les voyants s'allumèrent un peu partout sur le tableau réservé aux systèmes électriques. Le centre de contrôle était sous tension. Le directeur de vol hésitait à appliquer la procédure qui visait à séparer le CM de la fusée en éjectant le LES. En effet, les voyants indiquaient que les piles à combustibles étaient hors service.

Sur la photo de droite on voit bien que l'orage était présent ce jour là.

 

Pour remédier à ce problème, l'ingénieur en charge des systèmes électriques du vaisseau conseilla une procédure que le Capcom s'empressa de communiquer à l'équipage ; " Switch S-C-E to aux ". Mais bien que Gordon et Conrad soient expérimentés, ils ne comprenaient pas l'ordre. Et contre toute attente ce fut Bean qui sut résoudre le problème, car il connaissait le bouton dont parlait Houston. Une fois enclenché, les voyants s'éteignirent petit à petit jusqu'au dernier. Après 3 heures de vérifications en orbite terrestre, le moteur du S-4B fut rallumé pour l'injection translunaire. La manœuvre d'arrimage CSM/LEM s'effectua normalement, tout comme le voyage qui dura 2 jours.

Arrivé à proximité de la Lune, le 17 novembre, le moteur du module de service fut mis à feu pour placer l'ensemble en orbite lunaire. En observant la surface lunaire, Conrad demanda à Bean : " Si t'as rien de prévu pour demain, pourquoi pas aller faire un petit tour sur la surface ? " . Puis les deux hommes entrèrent dans le LEM et après vérification de l'ensemble des systèmes, le CSM se sépara du module lunaire le 19 novembre.

La descente commença. Conrad restait concentré afin de remplir l'objectif de la mission : alunir en un endroit précis, près de Surveyor 3. Tout à coup Bean hurla : " Here it is ! Pete ! That's amazing ! ". Il voulait bien-sûr parler de la sonde. Le LEM alunit à 183 m d'elle dans l'Océan des Tempêtes, à 1 540 km du site d'Armstrong. Ce qui était un exploit pour la NASA. Une telle précision montrait bien le génie des ingénieurs de l'agence spatiale.

Dès qu'il reçut l'autorisation, Conrad sortit du module, descendit les échelons. Et arrivé en bas il s'exclama : " C'est peut être un petit pas pour Neil, mais c'est un grand pas pour moi ! ". On n'en attendait pas moins de cet homme plein d'humour qu'était Conrad. Quelques minutes plus tard, Bean posa lui aussi ses pieds sur le sol lunaire. Les deux astronautes se mirent directement au travail. Bean installa une antenne de télécommunication ainsi que le ALSEP. Il alla également prélever quelques pièces sur Surveyor 3.

A.Bean descend du LEM et installe une antenne.

 

Pendant ce temps, Conrad récupérait 34 kg d'échantillons de roche lunaire pour les ramener sur Terre. Au total, ils passèrent 31 heures et 30 minutes sur la Lune, dont 7 heures et 45 minutes en 2 sorties extravéhiculaires. A titre de comparaison, Aldrin et Armstrong sont restés 2 heures et 30 minutes à l'extérieur du LEM. Pendant ce temps Gordon, resté dans le CSM repérait d'éventuels sites d'alunissage pour les futures missions. Au total il effectua 45 orbites en 89 heures.

A.Bean récupère des pièces de la sonde Surveyor.

 

L'étage orbital redécolla le 20 novembre à 15h36. Les commandes étaient réservées à Conrad mais celui ci les passa à Bean. Mais ce dernier fit une mauvaise manipulation et le module lunaire fut déséquilibré un court instant. Bean s'inquiétait pour cet acte. Il s'apprêtait à recevoir un sacré savon de la part de la NASA. Mais Conrad lui dit : " T'inquiète pas, on est sur la face cachée de la Lune, ils ne peuvent pas nous voir. Personne ne le saura ". Et personne ne l'a su jusqu'à ce que Conrad avoue cette aventure quelques années plus tard. L'arrimage se passa sans incident ; de même que le voyage retour.

Toutefois, au moment de l'atterrissage, il y eut quelques problèmes pour ouvrir les parachutes. Le CM ne fut donc pas correctement freiné ; et lors de l'impact, une caméra percuta Bean au front. Celui ci resta tout de même inconscient quelques instants. La capsule amerrit dans le Pacifique le 24 novembre à 15h58. Elle fut récupéré par l'USS Hornet.

La capsule amerrit et l'équipage est ensuite placé en quarantaine durant 21 jours.

 

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