Apollo 13
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Accréditée des
expériences des misions Apollo 11 et Apollo 12 qui avaient
réussi leur alunissage, la mission Apollo 13 partait confiante.
Normalement, l'équipage devait être composé des trois
astronautes James Lovell, le commandant, Fred Haise, le pilote du
LEM et Thomas Mattingly, le pilote du CSM. Mais ce dernier fut
remplacé par Jack Swigert trois jours avant le départ car il
risquait de contracter la rougeole pendant la mission.
Pour cette mission, le surnom attribué au CSM fut " Odyssey
" et le LEM fut baptisé " Aquarius
".
L'équipage d'Apollo 13. De gauche à droite : J. Lovell, J. Swigert et F. Haise. A droite, le décollage d'Apollo 13.
Le 11 avril 1970, à 14h13, Saturn 5 décolla du complexe 39A. Le lancement se déroula correctement jusqu'à l'arrêt prématuré du moteur central du 2e étage au bout de 5 minutes pour cause inconnue, soit 2 minutes trop tôt. Pour rétablir la balance, il a fallu laisser brûler les quatre autres propulseurs 34 secondes de plus. L'injection translunaire et l'arrimage LEM/CSM se déroula sans problème. Jusque là rien de grave.
Après s'être arrimé au LEM, les astronautes s'éloignèrent du S-4B en direction de la Lune.
Deux jours après le lancement ( 55 heures 54 minutes pour être exact ), alors que l'équipage venait de terminer la diffusion d'une émission télévisée, le centre de contrôle demanda à l'équipage de procéder à quelques " tâches ménagères ". Jack Swigert s'en chargea. Le brassage des réservoirs avait été demandé, mais quelques secondes après sa mise en marche un " bang " retentit. Après le bruit de l'explosion, l'ordinateur soudain redémarra et les alarmes s'alignèrent sur le tableau de bord. L'équipage ne put que constater que la jauge du réservoir n°2 était au plus bas et que celle du n°1 baissait rapidement. Le vaisseau perdait son oxygène ; pour remédier à ce problème, le Capcom demanda à l'équipage de couper les valves des piles à combustibles 1 et 3. Mais une fois les piles arrêtées, le vaisseau perdait toujours son oxygène. En plus des défaillances électriques, le vaisseau déviait de sa trajectoire traînant derrière lui un amas de débris. Et cette multitude de débris rendait impossible la détermination de la position du vaisseau par rapport aux étoiles par l'ordinateur de bord. Ce fut l'effervescence au centre de contrôle. Le directeur de vol convoqua alors tout le monde.
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Réunion improvisée au centre de contrôle sur la situation critique du vaisseau d'Apollo 13.
Une fois le constat établi, les problèmes se posaient clairement. Deux principaux apparaissaient : celui de la pénurie des consommables et celui du retour sur Terre.
Tout d'abord l'oxygène,
qui en réalité n'était pas un vrai problème. On calcula que
le réservoir de l'étage inférieur du LEM suffisait pour le
retour. L'opinion publique pensait que l'oxygène serait le plus
gros ennui mais elle se trompait. La consommation électrique,
bien que n'étant pas le souci majeur, dut être réduite au
minimum. Ce qui entraîna entre autre une baisse considérable de
la température ( 5°C dans le LEM ). Juste avant d'entrer dans l'atmosphère,
il restait environ 20 % de la quantité d'électricité initiale.
Contre toute attente, le véritable problème fût l'eau. En
effet, elle servait à la fois au refroidissement des instruments
mais aussi à la consommation journalière de l'équipage. D'après
les calculs de Haise, il n'y aurait plus d'eau 5 heures avant l'entrée
dans l'atmosphère. C'était envisageable pour l'homme mais ce
serait dramatique pour la machine. Pour pallier à cela, l'équipage
rationna donc sa consommation à 1/5 de la normale, soit 170
grammes d'eau par personne et par jour.
Tels étaient les soucis immédiats constatés après l'explosion.
Pour économiser toutes ces différentes énergies, l'équipage
se vit contraint de délaisser le module de commande pour le LEM,
transformé pour l'occasion en " canot de sauvetage ".
Le lendemain un
nouveau problème se déclara. Le dioxyde de carbone (CO2)
devint trop concentré dans l'air du module lunaire. Ce dernier
avait été conçu pour être utilisé pendant 2 jours et par 2
hommes. Désormais, il devait en accueillir 3 et ce durant 3
jours. C'est là que l'équipage découvrit que les cartouches d'hydroxyde
de lithium, censées purifier l'air, avaient des embouts carrés
alors que les contacts du LEM étaient ronds. Allez faire rentrer
un rond dans un carré ; la tâche est sacrément ardue ! On dut
donc compter sur les filtres classiques bien que ces derniers
étaient surmenés.
Le dioxyde de carbone est dangereux, en concentration élevée ;
il déclenche des malaises suivis de mort. Et c'est là que les
cerveaux de la NASA entrèrent en piste. Voilà une mission à
leur hauteur : fabriquer des filtres carrés compatibles avec des
contacts ronds. La tâche était d'autant plus difficile qu'il ne
fallut compter que sur ce que possédaient les astronautes dans
le module. Après de nombreuses heures de réflexion, de nombreux
cafés et cigarettes, les ingénieurs réussirent. Le filtre à
présent installé fonctionna parfaitement et le taux de dioxyde
de carbone chuta.
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Ci-dessus, des photos du filtre à CO2, fabriqué maison.
Les astronautes d'Apollo
13 censés alunir sur le Mont Fra Mauro survolèrent la Lune sans
pouvoir s'y poser. Ils prirent néanmoins des photos qui
permettront la préparation des missions ultérieures. La
déception était grande mais laissait place peu à peu à l'envie
de rentrer.
Maintenant le vaisseau se rapprochait de la Terre. Le LEM fut
largué ainsi que le module de service. C'est à cet instant que
l'on put observer les dégâts causés par l'explosion sur ce
dernier. Il était éventré jusqu'à la base du module de
commande. Alors le doute s'empara de tous les esprits ; le
bouclier thermique de la capsule avait-il été touché ? Si oui,
les astronautes exploseraient lors de la rentrée dans l'atmosphère.

Le module éventré.
Pour effectuer cette rentrée, il fallut imaginer une nouvelle procédure pour l'équipage. Le problème de la rentrée dans l'atmosphère se posait maintenant. L'angle d'attaque du vaisseau fut difficile à déterminer après tant de problèmes rencontrés. S'ajoutait à cela l'inquiétude à propos des parachutes. En effet, ils risquaient de ne pas s'ouvrir du fait qu'ils n'étaient pas correctement chauffés.
Finalement, après nombre d'inquiétudes la capsule amerrit dans le Pacifique le 17 avril à 13h07, après 142 heures et 54 minutes de mission. Elle fut repêchée par L'USS Iwo Jima. Les astronautes rentrèrent fatigués, mouillés, affamés mais sains et sauf.
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Le sauvetage des astronautes et leur retour sur le navire.
Une commission d'enquête conclura à une défaillance dans le système d'alimentation. Cette mission, qualifiée " d'échec réussi ", a fait vibrer l'Amérique pendant plusieurs jours. Mais il faut surtout retenir de cette mission de sauvetage le génie des ingénieurs de la NASA qui ont tout fait pour ramener leurs astronautes vivants. On tirera des leçons de cette mésaventure qui coûta tout de même aux Etats-Unis 375 millions de dollars !
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